Genre et sexualité
Gay Pride, Dehli, Inde, 2008
Crédit : Jesse Rapczak, 2008 / CC BY NC ND
Gay Pride, Dehli, Inde, 2008.
Après avoir été historiquement criminalisée dans la plupart des pays (avec des peines encourues allant de l'amende ou l'emprisonnement jusqu'à la peine de mort), l'homosexualité est désormais légale dans 142 pays. En Inde elle a été autorisée en 2009, puis à nouveau interdite en 2013 et dépénalisée par la Cour suprême en septembre 2018.
Résumé
La dimension androcentrique et hétéronormative de la mondialisation contemporaine est largement négligée. Pourtant, de multiples clivages sociaux et rapports de pouvoir sont imbriqués et contribuent à fabriquer les identités : genre, classe, race, sexualité, religion, etc. Les mobilisations féministes et en faveur des minorités sexuelles se sont déployées à l’échelle transnationale depuis la fin du xixe siècle, tandis que les flux migratoires, les inégalités ou les violences comprennent des aspects genrés et sexués.
Les réflexions sur le genre, le corps et les minorités sexuelles mettent au jour les dimensions androcentrique et hétéronormative de la mondialisation contemporaine. Les travaux récents sur l’ intersectionnalité soulignent la simultanéité et l’imbrication de différents types de discriminations et de rapports de domination liés au genre, à la classe, à la race, à la sexualité, à la religion, etc.
Trans- et internationalisation des mobilisations
Largement oubliée des révolutions du droit civil (XVII e -XVIII e siècles), l’émancipation des femmes devient une cause de mobilisation à la fin du XIX e siècle en Europe et en Amérique, où les premières associations féministes revendiquent le droit de vote, l’accès à l’université ou à certaines professions réglementées.
Droit de vote des femmes et représentation des femmes dans les parlements, 1893-2018

Commentaire : La base de données de l’Union interparlementaire (organisation internationale des parlements créée en 1889) permet de suivre la lutte des femmes pour leurs droits politiques. L’obtention du droit de vote s’étend de 1893 (Nouvelle-Zélande) à 2015 (Arabie Saoudite), avec 56 États avant la seconde guerre mondiale (une partie des Amériques, de l’Europe et la Russie), une extension à l’ensemble des Amériques et de l’Europe ainsi que l’Inde et la Chine de 1939 à 1960 (89 États), et enfin au reste du monde (66 États). Leur éligibilité est en général plus tardive et leur présence dans les parlements nationaux loin d’atteindre la parité (seulement 3 pays, dont 61 % au Rwanda). Elles ne dépassent les 30 % que dans 48 pays, les 138 autres parlements comptant de 29 à 1 % de femmes (Oman).
À partir des années 1960, les mouvements de libération s’intensifient et se déploient sur tous les continents, luttant pour de nouveaux droits (sexuels et reproductifs, égalité salariale, etc.), avec le soutien d’institutions régionales (Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes [CEPAL], Parlement européen, Cour européenne des droits de l’homme [CEDH]) et internationales. L’ONU fait adopter la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), organise plusieurs conférences internationales sur les femmes, de Mexico (1975) à Beijing (1995), et inclut le genre dans ses programmes (gender mainstreaming).
La libération sociale et sexuelle des années 1960 et 1970 amorce aussi une déstigmatisation progressive des minorités sexuelles passant par la dépénalisation de l’homosexualité, la lutte contre l’homophobie et l’interdiction des discriminations (âge du consentement, accès à l’armée, aux églises, etc.). La juridicisation à l’œuvre au cours des années 1980 et 1990 institutionnalise et transnationalise le militantisme LGBT+, dans un contexte marqué par les ravages du sida. Fondée en 1978, l’International Lesbian and Gay Association (ILGA) est dotée d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (1993 puis 2011), tandis que l’Organisation mondiale de la santé retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales (1990) et que le Parlement européen, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contribuent à la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à la reconnaissance de nouveaux droits (union civile, autorité parentale, adoption pour les couples de même sexe, transsexualité, intersexualité, etc.).
Reconnaissance et protection de l’homosexualité, 2018

Commentaire : Depuis 40 ans, l’ONG ILGA fédère les organisations nationales et locales d’information et de plaidoyer pour l’application des droits des personnes LGBTI. Ces deux cartes, réalisées à partir de leurs données, montrent d’importantes différences de législation et de protection dans les pays où l’homosexualité est légale. C’est essentiellement en Europe, en Amérique du Nord et dans certains pays d’Amérique du Sud que ces droits sont les plus larges (union civile, mariage et adoption) et les plus protégés (notamment dans le cadre de la lutte contre les crimes de haine ou d’incitation à la haine).
Criminalisation de l’homosexualité, 2018

Commentaire : Depuis 40 ans, l’ONG ILGA fédère les organisations nationales et locales d’information et de plaidoyer pour l’application des droits des personnes LGBTI. Cette carte, réalisée à partir de leurs données, témoigne de la très inégale répartition mondiale du respect de ces droits. L’homosexualité est légale dans 63 % des pays et territoires mentionnés et pénalisée dans 37 % d’entre eux (Moyen-Orient, Afrique et certains États d’Asie), avec des peines allant de la prison à la peine de mort (dans 13 pays).
Circulations et interactions globales
L’essor des migrations comprend une dimension genrée et sexuelle, déjà présente durant la colonisation et qui se déploie désormais par la mondialisation des femmes migrantes, du travail domestique (employées de maison, gardes d’enfants, aides-soignantes, etc.), du travail du sexe, de l’économie gay (pink dollar), du tourisme LGBT+ et de l’ internet queer.
La mondialisation s’incarne aussi dans la persistance d’écarts entre hommes et femmes en termes de rémunération du travail, de temps partiels imposés, d’emploi informel, de temps quotidien consacré aux soins et travaux domestiques non rémunérés, etc. environnementales, la déscolarisation, le viol comme arme de guerre, etc.
Les femmes continuent de subir inégalités et violences de genre telles que les avortements sélectifs, les mariages forcés, les violences conjugales et les crimes d’honneur, la primauté de la résidence virilocale, le harcèlement, les pénuries alimentaires, les corvées d’eau, les pollutions environnementales, la déscolarisation, le viol comme arme de guerre, etc.
Écarts de participation entre les femmes et les hommes sur le marché de l’emploi, 1991-2018

Commentaire : Réalisé à partir des données de l’OIT, ce graphique classe les régions en fonction de l’écart de participation à l’emploi (travail recensé, à temps partiel ou complet) entre hommes et femmes. Au niveau mondial, 50 % des femmes travaillent, contre 80 % des hommes. Cette moyenne masque des situations régionales contrastées. L’écart est maximal en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie du Sud où les femmes, de façon assez stable dans le temps, travaillent peu (3 à 4 fois moins que les hommes). À l’opposé, l’écart entre les hommes et les femmes est moindre – entre 10 et 15 % cependant – en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique subsaharienne.
Femmes sur le marché de l’emploi, 2018

Commentaire : Les données de l’OIT permettent de croiser les niveaux de compétence des femmes au travail selon les niveaux de revenu des pays. Ce graphique ne montre que la répartition des femmes sur le marché de l’emploi selon leur niveau de compétence ; les hommes ne sont pas représentés. Dans les pays à faibles revenus, les femmes occupent peu les postes de professions intellectuelles ou d’encadrement : elles sont moins de 3 %, alors que les hommes en occupent le double (ce n’est pas montré dans le graphique). À l’opposé, dans les pays à hauts revenus, près de 40 % d’entre elles occupent des emplois à haut niveau de compétence, ce qui est plus que les hommes (37 % d’entre eux occupent ces postes).
À rebours du féminisme classique anticipant des sororités transnationales, les féminismes critiques afro-américains (Black feminism) et latino-américains (notamment décoloniaux) considèrent que la mondialisation néolibérale repose sur l’intersectionnalité des rapports de domination, qui fait s’imbriquer le genre, le sexe, la classe, la race, l’ ethnicité ou la nationalité, sans que les mobilisations d’émancipation ne convergent pour autant. L’accumulation primaire de capitaux et de ressources est ainsi favorisée par la colonisation de l’Amérique par l’Europe au xv e siècle, le travail forcé des populations autochtones et africaines, les violences à l’encontre des femmes, tant dans les colonies qu’en métropole, ou encore la division sexuelle du travail cantonnant les femmes dans le travail reproductif et la sphère familiale.
Ces réflexions rejoignent celles sur les transformations du processus d’identification sexuelle. La thèse d’une bicatégorisation du monde (hétéro- vs homo-normativité, mâle vs femelle, etc.), s’imposant en Europe et en Amérique à la fin du xix e siècle et se diffusant avec la colonisation, se heurte aux récentes découvertes scientifiques sur la part du continuum et de la variabilité intracatégorielle par rapport au dimorphisme entre les sexes. L’expérience coloniale a en revanche contribué, dans de nombreux cas, à réprimer des pratiques sexuelles minoritaires préexistantes, y compris dans des sociétés n’ayant pas été colonisées mais fortement influencées par la « modernité » occidentale. Depuis les années 2000, l’intégration des minorités sexuelles dans certains pays auparavant hostiles est brandie en étendard d’une démocratie progressiste – quand bien même les droits des minorités n’y seraient pas systématiquement respectés (pink-washing). L’homophobie et le sexisme sont essentialisés en tant que pratiques culturelles inhérentes à certaines zones géographiques (d’où une ethnicisation de l’homosexualité, la stigmatisation de certaines populations migrantes et la résurgence de mouvements anti-féministes et anti-LGBT+).
- genre > Genre
- Construction historique, sociale, culturelle et psychologique d’une bicatégorisation entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et les représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). Issue des travaux féministes des années 1970, la notion de genre se déploie aux États-Unis au cours des années 1980, puis en Europe à partir des années 1990, avant de se rapprocher de la littérature sur les minorités sexuelles. Elle appréhende les relations entre les sexes comme un rapport de pouvoir (historiquement construit autour de l’infériorisation matérielle et symbolique des femmes par rapport aux hommes) qui ne peut être isolé des autres rapports de pouvoir que sont la classe sociale, la race, l’âge ou le handicap.
- minorités > Minorité
- Tout groupe social qui, dans une société donnée, se trouve en situation d’infériorité par rapport à un groupe dominant. Cette situation s’exprime de façon quantitative, mais se définit aussi par référence à des données qualitatives de nature culturelle (minorités linguistiques, religieuses, ethniques, nationales, voire sociales). L’appartenance à une minorité peut faire l’objet d’une auto-identification, d’une assignation identitaire, de différents types de discriminations. Elle peut déboucher sur des politiques d’ingénierie sociale, de discrimination positive ou négative, ou encore des demandes de protection et de reconnaissance.
- androcentrique > Androcentrisme
- Appréhension du monde, consciente ou non, centrée sur l’existence et le point de vue des êtres humains de sexe masculin. Élaborée par Charlotte Perkins Gilman dans The Man-Made World : Our Androcentric Culture (1911), la notion a depuis été utilisée par les sociologues et les anthropologues (par exemple sur les sociétés patrilinéaires) ainsi que par les mouvements féministes.
- hétéronormative > Hétéronormativité
- Structuration sociale genrée fondée sur la répartition des individus en deux – et seulement deux – catégories (ou bi-catégorisation) de sexe (homme ou femme), découlant d’une dualité sexuelle biologique (mâle ou femelle) et s’accompagnant d’une injonction à la reproduction hétérosexuelle. L’hétéronormativité suppose une concordance entre le sexe biologique, la sexualité, l’identité de genre et les rôles de genre, et peut être le ferment de l’hétérosexisme (discriminations à l’encontre des LGBT).
- intersectionnalité > Intersectionnalité
- L’intersectionnalité rend compte de la pluralité des structures de domination et des effets cumulés de la combinaison des inégalités de genre, de classe, de race mais aussi relatives à l’âge, au handicap ou à l’orientation sexuelle. Entrepris durant les années 1990 pour analyser les discriminations à l’égard des femmes noires aux États-Unis, les travaux sur l’intersectionnalité ont démontré les effets pluriels de la combinaison des rapports sociaux, ne se limitant pas, en dernière instance, aux seuls rapports économiques. Par extension, une approche intersectionnelle prend en considération l’intrication et l’articulation de ces inégalités dans les stratégies de résistance et de mobilisation.
- race > Race
- Groupe biologique du règne animal homogène et se distinguant des autres par des caractères physiques héréditaires. Si les travaux scientifiques n’ont cessé de démontrer l’unicité de la race humaine, plusieurs doctrines politiques ont toutefois appliqué cette notion aux populations humaines depuis le xixe siècle, en dépit de la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne humaine et de condamnations judiciaires dans de nombreux États ainsi qu’à l’échelle internationale (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948). Dans un sens très différent – mais qui n’empêche pas toutefois certaines confusions –, la notion de race est aujourd’hui utilisée dans les statistiques officielles, le droit positif et certains travaux de sciences sociales, principalement aux États-Unis et au Canada, pour décrire et analyser les principes d’organisation sociale et les valeurs des différentes communautés ethniques.
- discrimination > Discrimination
- Inégalités durables entre des individus ou des groupes dans l’accès à des biens et/ou la mise en œuvre de leurs droits. La discrimination peut être non intentionnelle lorsque l’autorité politique, l’État ou la société ne se préoccupent pas suffisamment de certaines populations (exemple : les personnes âgées), ou repose sur une intention de discriminer en fonction de critères tels que l’origine, le sexe, l’âge, le handicap, l’apparence physique, la langue, les opinions (politiques, syndicales, religieuses, etc.), la situation de précarité ou les mœurs (exemples : apartheid, ségrégation raciale, homophobie, etc.). La lutte contre les discriminations fait désormais l’objet de politiques de protection et de compensation (accès réservé aux logements, à l’emploi, aux études, etc.) et/ou de sanctions des comportements discriminatoires.
- institutionnalise > Institutions
- Le terme institution désigne des structures sociales (règles, normes, pratiques, actions, rôles) durables, organisées de façon stable et dépersonnalisée, qui participent à la régulation des rapports sociaux. Elle peut être formalisée dans des organisations (internationales ou non). L’institutionnalisme en science politique aborde les objets de l’analyse politique par une étude de leur fondement structurel et de leur modèle organisationnel plutôt que par la prise en compte de leur rapport à la société.
- transnationalise > Transnational
- Est transnationale toute relation qui, par destination ou par volonté délibérée, se construit dans l’espace mondial au-delà du cadre étatique national et qui se réalise en échappant, au moins partiellement, au contrôle ou à l’action médiatrice de l’État (Bertrand Badie, 1999). Le transnationalisme est une interprétation des relations internationales qui met l’accent sur le rôle des acteurs non étatiques et des flux traversant les frontières. Elle s’est développée à partir des années 1970 en réaction à la domination des analyses réalistes et néoréalistes autour d’auteurs comme Joseph Nye, Robert Keohane ou James Rosenau.
- reconnaissance > Reconnaissance
- Validation par un individu, un groupe ou une institution d’une pratique, d’une situation ou d’une identité revendiquée. Intrinsèquement relationnelle et socialisatrice, la reconnaissance peut être formelle ou informelle, réciproque ou unilatérale. La réflexion sur la reconnaissance, très présente en philosophie (notamment chez Hegel), a fait l’objet de développements plus récents en sciences sociales autour de la « lutte pour la reconnaissance » (Axel Honneth) et du déni de reconnaissance. La reconnaissance internationale est un acte discrétionnaire par lequel un sujet de droit international (généralement un État ou une organisation internationale) accorde une valeur juridique à une situation ou une action (accession au pouvoir d’un gouvernement de façon non constitutionnelle, déclaration unilatérale d’indépendance, intervention militaire, etc.).
- migrations > Migrant
- Déplacement d’individus quittant durablement leur pays (émigration) pour se rendre dans un autre pays (immigration), de façon volontaire ou forcée (guerre, pauvreté, chômage, atteinte aux droits humains, conditions climatiques, etc.), et souvent en séjournant de façon plus ou moins temporaire dans différents pays dits de transit. Inhérents à l’histoire de l’humanité, les processus migratoires suscitent la mise en place de différents dispositifs de politiques publiques liés au contexte politique, économique et culturel ainsi qu’à la conception de la nationalité. Les États d’accueil s’efforcent d’organiser, parfois d’attirer (besoin de main-d’œuvre, exploitation de certains territoires, naturalisations, etc.), et plus souvent de restreindre l’immigration (contrôle aux frontières, quotas, titres de séjour, etc.). Les États de départ tentent, dans la plupart des cas, de maintenir des relations avec les nationaux et communautés diasporiques installées à l’étranger.
- colonisation > Colonisation
- Processus historique qui lie profondément l’Europe au reste du monde. À partir de la fin du xve siècle (grandes découvertes), un vaste mouvement de domination économique, politique et culturelle du monde commence au profit de l’Espagne, du Portugal puis de l’Angleterre, de la France et de la Hollande qui entrent en concurrence pour l’appropriation des richesses à partir de la fin du xvie siècle. Une deuxième vague de colonisation se déroule au xixe siècle, alors que les pays d’Amérique du Sud issus des deux premiers empires sont déjà tous indépendants. La révolution industrielle pousse à la recherche de marchés et la France et l’Angleterre s’affrontent pour le partage d’une partie de l’Asie et de l’Afrique. Les territoires colonisés ont des statuts variables (dominions, protectorats, administration directe).
- internet > Internet
- Interconnexion à l’échelle mondiale de réseaux informatiques locaux permettant d’échanger textes, images, sons, vidéos grâce à un protocole unique (TCP/IP). Inventé aux États-Unis (années 1960) par des chercheurs et militaires, le réseau n’a cessé de croître, de se ramifier et d’innover. Au début des années 1990, les navigateurs rendent internet accessible au grand public. Les connexions à haut débit permettent les transferts de données de plus en plus volumineuses, la multiplication des activités en ligne et le passage d’une logique de stock d’informations à celle de flux continu. Le web 2.0, communautaire et interactif, stimule les échanges entre usagers, modifie les comportements sociaux et les mobilisations en leur donnant une visibilité instantanée. Les États non démocratiques en pratiquent régulièrement la censure. L’internet des objets désigne la connexion entre le réseau et des objets de types variés dits objets connectés.
- migrations > Migrant
- Déplacement d’individus quittant durablement leur pays (émigration) pour se rendre dans un autre pays (immigration), de façon volontaire ou forcée (guerre, pauvreté, chômage, atteinte aux droits humains, conditions climatiques, etc.), et souvent en séjournant de façon plus ou moins temporaire dans différents pays dits de transit. Inhérents à l’histoire de l’humanité, les processus migratoires suscitent la mise en place de différents dispositifs de politiques publiques liés au contexte politique, économique et culturel ainsi qu’à la conception de la nationalité. Les États d’accueil s’efforcent d’organiser, parfois d’attirer (besoin de main-d’œuvre, exploitation de certains territoires, naturalisations, etc.), et plus souvent de restreindre l’immigration (contrôle aux frontières, quotas, titres de séjour, etc.). Les États de départ tentent, dans la plupart des cas, de maintenir des relations avec les nationaux et communautés diasporiques installées à l’étranger.
- colonisation > Colonisation
- Processus historique qui lie profondément l’Europe au reste du monde. À partir de la fin du xve siècle (grandes découvertes), un vaste mouvement de domination économique, politique et culturelle du monde commence au profit de l’Espagne, du Portugal puis de l’Angleterre, de la France et de la Hollande qui entrent en concurrence pour l’appropriation des richesses à partir de la fin du xvie siècle. Une deuxième vague de colonisation se déroule au xixe siècle, alors que les pays d’Amérique du Sud issus des deux premiers empires sont déjà tous indépendants. La révolution industrielle pousse à la recherche de marchés et la France et l’Angleterre s’affrontent pour le partage d’une partie de l’Asie et de l’Afrique. Les territoires colonisés ont des statuts variables (dominions, protectorats, administration directe).
- internet > Internet
- Interconnexion à l’échelle mondiale de réseaux informatiques locaux permettant d’échanger textes, images, sons, vidéos grâce à un protocole unique (TCP/IP). Inventé aux États-Unis (années 1960) par des chercheurs et militaires, le réseau n’a cessé de croître, de se ramifier et d’innover. Au début des années 1990, les navigateurs rendent internet accessible au grand public. Les connexions à haut débit permettent les transferts de données de plus en plus volumineuses, la multiplication des activités en ligne et le passage d’une logique de stock d’informations à celle de flux continu. Le web 2.0, communautaire et interactif, stimule les échanges entre usagers, modifie les comportements sociaux et les mobilisations en leur donnant une visibilité instantanée. Les États non démocratiques en pratiquent régulièrement la censure. L’internet des objets désigne la connexion entre le réseau et des objets de types variés dits objets connectés.
- mondialisation > Mondialisation
- Le terme mondialisation renvoie à un ensemble de processus multidimensionnels (économiques, culturels, politiques, financiers, sociaux, etc.) qui reconfigurent l’espace mondial. Ces processus ne consistent pas seulement en un changement d’échelle généralisé vers le mondial car ils ne convergent pas nécessairement, ne touchent pas tous les individus et n’ont pas sur eux les mêmes effets. Plus que l’intensification des échanges de tous types, l’internationalisation des économies ou l’essor des connexions, la mondialisation contemporaine désigne les transformations de l’organisation spatiale des relations économiques, politiques, sociales et culturelles.
- environnementales > Environnement
- L’environnement est entendu largement comme la biosphère dans laquelle les espèces vivantes cohabitent, tandis que l’écologie étudie les rapports entre ces organismes et leur environnement. L’environnement comprend des milieux naturels très différents allant des forêts vierges laissées intactes aux milieux artificialisés exploités et aménagés par l’être humain. Dans une définition restrictive, on entend par questions environnementales les enjeux se rapportant aux ressources naturelles (gestion, exploitation et dégradation) et à la biodiversité biologique (faune et flore). En tant que problème public transversal, l’environnement concerne les enjeux d’organisation des sociétés (modèles de production, transports, infrastructures, etc.) et leurs effets sur la santé humaine et des écosystèmes.
- viol > Viol
- Le viol est une forme de criminalité qui utilise la sexualité humaine (sous toutes ses formes) comme outil de torture et de destruction de l’intégrité physique et identitaire de la victime, sans inclure forcément la mort. Ses conséquences perdurent dans le temps (grossesses, maladies, fardeau psychologique, stigmatisation sociale et/ou familiale). Les violences sexuelles introduisent une dissymétrie liée aux conditions de la reproduction humaine, puisque seules les femmes violées peuvent tomber enceintes. Le viol est une forme de violence extrême et un crime de profanation pour la personne sociale et morale concernée (destruction de l’honneur de la famille dans certaines cultures, sentiments de honte des victimes). Depuis les années 1990, l’utilisation du viol systématique comme arme de guerre est reconnue.
- guerre > Guerre
- Affrontement violent entre groupes armés sur des valeurs, des statuts, des pouvoirs ou des ressources rares, et dans lequel le but de chacun est de neutraliser, d’affaiblir ou d’éliminer ses adversaires. Cette violence armée collective organisée peut être le fait d’États (via leurs armées nationales) ou de groupes non étatiques ; elle peut opposer plusieurs États (guerre interétatique) ou se dérouler à l’intérieur d’un État (guerre civile). Progressivement codifiées et encadrées par le droit, les premières sont devenues rares, tandis que les secondes, aujourd’hui essentiellement causées par la défaillance institutionnelle des États, tendent à s’internationaliser, à perdurer (parfois des décennies) et à être extrêmement meurtrières, surtout pour les populations civiles.
- inégalités > Inégalité
- Répartition inégale des biens, matériels et/ou immatériels, considérés comme nécessaires ou désirables. Outre les inégalités de revenus (internes, internationales et mondiales), les inégalités, cumulatives, se mesurent également en matière d’accès aux services publics (accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à un logement, à la justice, à une sécurité effective, etc.), à la propriété et plus largement aux ressources naturelles, ainsi qu’en matière d’expression politique ou de capacité de réaction face au risque écologique. Lorsque ces inégalités se fondent sur des critères prohibés par la loi, elles constituent des discriminations.
- virilocale > Virilocal
- Terme utilisé en ethnologie pour qualifier le mode de résidence d’un jeune couple hétérosexuel lorsqu’il doit habiter dans le village ou à proximité du lieu de résidence des parents du mari (par opposition à uxorilocal, lorsque le jeune couple doit s’installer à proximité des parents de l’épouse). Lorsque l’épouse vient habiter dans la famille de son mari, sa résidence est qualifiée de patrilocale.
- environnementales > Environnement
- L’environnement est entendu largement comme la biosphère dans laquelle les espèces vivantes cohabitent, tandis que l’écologie étudie les rapports entre ces organismes et leur environnement. L’environnement comprend des milieux naturels très différents allant des forêts vierges laissées intactes aux milieux artificialisés exploités et aménagés par l’être humain. Dans une définition restrictive, on entend par questions environnementales les enjeux se rapportant aux ressources naturelles (gestion, exploitation et dégradation) et à la biodiversité biologique (faune et flore). En tant que problème public transversal, l’environnement concerne les enjeux d’organisation des sociétés (modèles de production, transports, infrastructures, etc.) et leurs effets sur la santé humaine et des écosystèmes.
- viol > Viol
- Le viol est une forme de criminalité qui utilise la sexualité humaine (sous toutes ses formes) comme outil de torture et de destruction de l’intégrité physique et identitaire de la victime, sans inclure forcément la mort. Ses conséquences perdurent dans le temps (grossesses, maladies, fardeau psychologique, stigmatisation sociale et/ou familiale). Les violences sexuelles introduisent une dissymétrie liée aux conditions de la reproduction humaine, puisque seules les femmes violées peuvent tomber enceintes. Le viol est une forme de violence extrême et un crime de profanation pour la personne sociale et morale concernée (destruction de l’honneur de la famille dans certaines cultures, sentiments de honte des victimes). Depuis les années 1990, l’utilisation du viol systématique comme arme de guerre est reconnue.
- guerre > Guerre
- Affrontement violent entre groupes armés sur des valeurs, des statuts, des pouvoirs ou des ressources rares, et dans lequel le but de chacun est de neutraliser, d’affaiblir ou d’éliminer ses adversaires. Cette violence armée collective organisée peut être le fait d’États (via leurs armées nationales) ou de groupes non étatiques ; elle peut opposer plusieurs États (guerre interétatique) ou se dérouler à l’intérieur d’un État (guerre civile). Progressivement codifiées et encadrées par le droit, les premières sont devenues rares, tandis que les secondes, aujourd’hui essentiellement causées par la défaillance institutionnelle des États, tendent à s’internationaliser, à perdurer (parfois des décennies) et à être extrêmement meurtrières, surtout pour les populations civiles.
- sororités > Sororité
- Équivalent féminin de la fraternité, la notion de sororité est utilisée dans la littérature et les mobilisations féministes à partir des années 1970 afin de souligner les rapports de solidarité et les conditions de vie similaires entre femmes dans des environnements ou contextes androcentriques.
- néolibérale > Néolibéral
- Utilisé par les courants critiques, le terme néo-libéral ne se rattache à aucune école auto-revendiquée en économie. Il fait généralement référence aux politiques économiques inspirées de l’École de Chicago (Milton Friedman, prix Nobel d’économie en 1976) et partiellement appliquées par Margaret Thatcher au Royaume-Uni ou Ronald Reagan aux États-Unis au cours des années 1980, puis recommandées par les institutions économiques et financières telles que la Banque mondiale ou le FMI. Ces politiques se traduisent par un pilotage étatique de mesures de privatisation et de dérégulation des marchés, et se distinguent du libéralisme classique par l’importance accordée à l’efficacité économique par rapport aux libertés politiques.
- race > Race
- Groupe biologique du règne animal homogène et se distinguant des autres par des caractères physiques héréditaires. Si les travaux scientifiques n’ont cessé de démontrer l’unicité de la race humaine, plusieurs doctrines politiques ont toutefois appliqué cette notion aux populations humaines depuis le xixe siècle, en dépit de la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne humaine et de condamnations judiciaires dans de nombreux États ainsi qu’à l’échelle internationale (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948). Dans un sens très différent – mais qui n’empêche pas toutefois certaines confusions –, la notion de race est aujourd’hui utilisée dans les statistiques officielles, le droit positif et certains travaux de sciences sociales, principalement aux États-Unis et au Canada, pour décrire et analyser les principes d’organisation sociale et les valeurs des différentes communautés ethniques.
- ethnicité > Ethnie
- L’ethnie est une catégorie descriptive apparue à la fin du xixe siècle, construite par les anthropologues et diffusée par les administrateurs coloniaux. Contrairement à la race, elle ne fait pas référence à des critères biologiques mais désigne un groupe d’individus ayant la même origine, la même tradition culturelle, et dont l’unité s’appuie sur la langue, l’histoire, le territoire, les croyances et la conscience d’appartenir au groupe ethnique. Prétendue naturelle, l’ethnie est pourtant un construit social, subi ou revendiqué, à la fois arbitraire et évolutif. Posée comme identité exclusive, elle devient un instrument de mobilisation politique d’autant plus puissant que l’État est en difficulté. L’ethnocentrisme consiste à ne lire le monde qu’à travers sa propre culture et à vouloir imposer cette interprétation.
- nationalité > Nationalité
- Juridiquement, la nationalité exprime l’appartenance légale d’un individu à un État, selon les règles édictées par celui-ci. La nationalité provient d’une filiation (droit du sang), de la naissance sur un territoire (droit du sol), ou s’acquiert par naturalisation. La notion de nationalité est liée au développement de l’État-nation et à la notion de citoyenneté, bien que les statuts de ressortissant et de citoyen ne se recoupent pas systématiquement (régimes non démocratiques, discrimination de certaines catégories de population selon des critères ethniques, religieux, linguistiques ou sociaux).
- autochtones > Autochtone
- Bien qu’il n’y ait pas de définition universellement acceptée pour qualifier les peuples autochtones, ou peuples premiers, l’ONU affirme que « les peuples autochtones sont les héritiers et praticiens de cultures et de manières uniques de se lier aux personnes et à l’environnement. Ils ont conservé des caractéristiques sociales, culturelles, économiques et politiques distinctes de celles des sociétés dominantes dans lesquelles ils vivent ». La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée en 2007. Selon l’ONU, les peuples autochtones représentent 370 millions d’individus, formant plus de 5 000 groupes différents, présents dans environ 90 pays sur cinq continents et qui parlent plus de 4 000 langues, dont la plupart sont en voie d’extinction.
- colonies > Colonisation
- Processus historique qui lie profondément l’Europe au reste du monde. À partir de la fin du xve siècle (grandes découvertes), un vaste mouvement de domination économique, politique et culturelle du monde commence au profit de l’Espagne, du Portugal puis de l’Angleterre, de la France et de la Hollande qui entrent en concurrence pour l’appropriation des richesses à partir de la fin du xvie siècle. Une deuxième vague de colonisation se déroule au xixe siècle, alors que les pays d’Amérique du Sud issus des deux premiers empires sont déjà tous indépendants. La révolution industrielle pousse à la recherche de marchés et la France et l’Angleterre s’affrontent pour le partage d’une partie de l’Asie et de l’Afrique. Les territoires colonisés ont des statuts variables (dominions, protectorats, administration directe).
- sororités > Sororité
- Équivalent féminin de la fraternité, la notion de sororité est utilisée dans la littérature et les mobilisations féministes à partir des années 1970 afin de souligner les rapports de solidarité et les conditions de vie similaires entre femmes dans des environnements ou contextes androcentriques.
- néolibérale > Néolibéral
- Utilisé par les courants critiques, le terme néo-libéral ne se rattache à aucune école auto-revendiquée en économie. Il fait généralement référence aux politiques économiques inspirées de l’École de Chicago (Milton Friedman, prix Nobel d’économie en 1976) et partiellement appliquées par Margaret Thatcher au Royaume-Uni ou Ronald Reagan aux États-Unis au cours des années 1980, puis recommandées par les institutions économiques et financières telles que la Banque mondiale ou le FMI. Ces politiques se traduisent par un pilotage étatique de mesures de privatisation et de dérégulation des marchés, et se distinguent du libéralisme classique par l’importance accordée à l’efficacité économique par rapport aux libertés politiques.
- race > Race
- Groupe biologique du règne animal homogène et se distinguant des autres par des caractères physiques héréditaires. Si les travaux scientifiques n’ont cessé de démontrer l’unicité de la race humaine, plusieurs doctrines politiques ont toutefois appliqué cette notion aux populations humaines depuis le xixe siècle, en dépit de la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne humaine et de condamnations judiciaires dans de nombreux États ainsi qu’à l’échelle internationale (Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948). Dans un sens très différent – mais qui n’empêche pas toutefois certaines confusions –, la notion de race est aujourd’hui utilisée dans les statistiques officielles, le droit positif et certains travaux de sciences sociales, principalement aux États-Unis et au Canada, pour décrire et analyser les principes d’organisation sociale et les valeurs des différentes communautés ethniques.
- ethnicité > Ethnie
- L’ethnie est une catégorie descriptive apparue à la fin du xixe siècle, construite par les anthropologues et diffusée par les administrateurs coloniaux. Contrairement à la race, elle ne fait pas référence à des critères biologiques mais désigne un groupe d’individus ayant la même origine, la même tradition culturelle, et dont l’unité s’appuie sur la langue, l’histoire, le territoire, les croyances et la conscience d’appartenir au groupe ethnique. Prétendue naturelle, l’ethnie est pourtant un construit social, subi ou revendiqué, à la fois arbitraire et évolutif. Posée comme identité exclusive, elle devient un instrument de mobilisation politique d’autant plus puissant que l’État est en difficulté. L’ethnocentrisme consiste à ne lire le monde qu’à travers sa propre culture et à vouloir imposer cette interprétation.
- nationalité > Nationalité
- Juridiquement, la nationalité exprime l’appartenance légale d’un individu à un État, selon les règles édictées par celui-ci. La nationalité provient d’une filiation (droit du sang), de la naissance sur un territoire (droit du sol), ou s’acquiert par naturalisation. La notion de nationalité est liée au développement de l’État-nation et à la notion de citoyenneté, bien que les statuts de ressortissant et de citoyen ne se recoupent pas systématiquement (régimes non démocratiques, discrimination de certaines catégories de population selon des critères ethniques, religieux, linguistiques ou sociaux).
- autochtones > Autochtone
- Bien qu’il n’y ait pas de définition universellement acceptée pour qualifier les peuples autochtones, ou peuples premiers, l’ONU affirme que « les peuples autochtones sont les héritiers et praticiens de cultures et de manières uniques de se lier aux personnes et à l’environnement. Ils ont conservé des caractéristiques sociales, culturelles, économiques et politiques distinctes de celles des sociétés dominantes dans lesquelles ils vivent ». La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée en 2007. Selon l’ONU, les peuples autochtones représentent 370 millions d’individus, formant plus de 5 000 groupes différents, présents dans environ 90 pays sur cinq continents et qui parlent plus de 4 000 langues, dont la plupart sont en voie d’extinction.
- colonies > Colonisation
- Processus historique qui lie profondément l’Europe au reste du monde. À partir de la fin du xve siècle (grandes découvertes), un vaste mouvement de domination économique, politique et culturelle du monde commence au profit de l’Espagne, du Portugal puis de l’Angleterre, de la France et de la Hollande qui entrent en concurrence pour l’appropriation des richesses à partir de la fin du xvie siècle. Une deuxième vague de colonisation se déroule au xixe siècle, alors que les pays d’Amérique du Sud issus des deux premiers empires sont déjà tous indépendants. La révolution industrielle pousse à la recherche de marchés et la France et l’Angleterre s’affrontent pour le partage d’une partie de l’Asie et de l’Afrique. Les territoires colonisés ont des statuts variables (dominions, protectorats, administration directe).
- dimorphisme > Dimorphisme
- Existence de deux formes distinctes pour une même espèce humaine, animale ou végétale. Les travaux d’anthropologie féministe entrepris depuis les années 2000 soulignent combien le dimorphisme primordial entre les hommes et les femmes a pu être accentué par des pratiques sociales distinctes entre les deux sexes (rationnement alimentaire, sélection matrimoniale, coutumes vestimentaires, division du travail, etc.).
- modernité > Moderne
- Définie suivant le modèle des pays les plus industrialisés vers lequel, dans une perspective évolutionniste, convergeraient toutes les sociétés dites moins avancées, la modernité se caractérise essentiellement par la place croissante de l’économie, de l’innovation technique, des régimes démocratiques de type occidental, ou encore de la bureaucratie rationnelle légale. Cette conception, dénoncée par maints travaux pour son évolutionnisme naïf, reste implicitement présente dans de nombreux discours d’acteurs politiques et dans un grand nombre de recherches. Sont qualifiés de postmodernes des courants artistiques et philosophiques de la seconde moitié du xxe siècle qui critiquent et déconstruisent la notion de modernité.
- démocratie > Démocratie
- Régime politique fondé sur la souveraineté populaire, où la légitimité du pouvoir découle de son acceptation par le peuple. Inspirée du modèle mis en place dans la Grèce antique et du libéralisme promouvant les libertés individuelles, la démocratie est aujourd’hui avant tout représentative et fondée sur un principe d’égalité des citoyens (élections au suffrage universel). Elle est indissociable du respect des droits humains fondamentaux, dont les libertés d’expression, d’association, d’informer, etc. Alors qu’elle s’est progressivement universalisée et tend à devenir la norme, elle ne renvoie pas à un modèle unique car elle dépend toujours du contexte social et culturel de sa mise en place, variable d’un endroit à l’autre et selon les époques.
- migrantes > Migrant
- Déplacement d’individus quittant durablement leur pays (émigration) pour se rendre dans un autre pays (immigration), de façon volontaire ou forcée (guerre, pauvreté, chômage, atteinte aux droits humains, conditions climatiques, etc.), et souvent en séjournant de façon plus ou moins temporaire dans différents pays dits de transit. Inhérents à l’histoire de l’humanité, les processus migratoires suscitent la mise en place de différents dispositifs de politiques publiques liés au contexte politique, économique et culturel ainsi qu’à la conception de la nationalité. Les États d’accueil s’efforcent d’organiser, parfois d’attirer (besoin de main-d’œuvre, exploitation de certains territoires, naturalisations, etc.), et plus souvent de restreindre l’immigration (contrôle aux frontières, quotas, titres de séjour, etc.). Les États de départ tentent, dans la plupart des cas, de maintenir des relations avec les nationaux et communautés diasporiques installées à l’étranger.