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Numérique citoyen et développement

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La diffusion des technologies de l’information transforme en profondeur les sciences citoyennes (ou participatives ou contributives), qui consistent en l’inclusion d’acteurs non scientifiques volontaires dans les processus de production des connaissances scientifiques pour les opérations d’inventaire, d’observation, de comptage, de mesure et de suivi de terrain (faune et flore). Peu coûteuses et simples d’utilisation, ces technologies permettent une augmentation du nombre de projets, de leur étendue spatiale et des domaines concernés. Smartphones avec GPS, systèmes d’information géographique (SIG) et logiciels en accès libre sont aujourd’hui les outils mobilisés par les ONG dans les pays du Sud pour la réalisation des documents de base nécessaires à l’aide dans les situations d’urgence, aux projets de développement et à la protection de l’ environnement. Qu’il s’agisse du suivi de l’évolution de la biodiversité, des eaux, de l’état des sols, de la sismologie ou de la cartographie des parcours d’éleveurs, du foncier rural communautaire non cadastré ou des espaces urbains périphériques, l’implication de la population, notamment des jeunes, produit des documents de qualité dont les administrations d’État, régionales et locales ne disposaient pas. Outre la masse d’informations réunies dans les bases de données qu’aucun programme de recherche ni aucune administration des pays du Sud ne pourraient collecter, les apports de ces travaux contributifs sont très importants en termes de leviers du développement. Ce franchissement de la « fracture numérique » dans une démarche collective pour le repérage, la protection et le développement de biens communs constitue une éducation numérique, scientifique, technique et citoyenne novatrice. L’implication des habitants insère les savoirs locaux dans un patrimoine collectif, développe leurs capacités, stimule la prise de conscience que l’environnement et l’ espace public sont à partager et à protéger, précise les besoins, permet les médiations, instruit les revendications et assure plus de transparence.

Cartographie collaborative au Sénégal

Crédit : @pfongue

Commentaire : Cartographie collaborative dans la banlieue de Dakar, initiative pilotée par Y en a Marre, le Gret et OpenStreetMap Sénégal dans le cadre du projet Sunu Gox financé par l’Union européenne.

Citation

« Numérique citoyen et développement » Espace mondial l'Atlas, 2018, [en ligne], consulté le 11 mars 2020, URL:
https://espace-mondial-atlas.sciencespo.fr/fr/rubrique-contrastes-et-inegalites/focus-1F09-numerique-citoyen-et-developpement.html

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