Fuir au-delà des frontières

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Crédit : Nicolas Economou / Shutterstock

Fuite des Syriens vers la Grèce (Lesbos), octobre 2015.

Entre 2015 (intensification des conflits en Syrie et en Irak) et 2016 (fermeture des frontières des pays de la "route des Balkans"), plus de 800 000 Syriens, Irakiens et Afghans ont tenté de fuir la violence et la guerre et de rejoindre l'Europe par la mer Égée, entre la Turquie et les Îles grecques. Le plus souvent jeunes, éduqués et ayant réussi à payer des passeurs, beaucoup n'ont pu partir que dans les pays voisins, dont la Turquie, le Liban et la Jordanie. D'autres ont vu leur voyage interrompu et sont restés bloqués en amont des frontières brusquement fermées par la Slovénie, la Serbie, la Macédoine ou la Hongrie. D'autres enfin, faute de pouvoir partir, ont continué à subir la violence de la guerre, dans les ruines des villes détruites ou au sein des camps de déplacés.

Résumé

La multiplication et la durée des conflits et des crises politiques dans le monde suscitent des flux de plus en plus importants de personnes victimes de déplacements forcés (65,5 millions en 2016). La séparation juridique étanche entre misère économique et misère politique n’est plus fonctionnelle dans un monde d’échanges généralisés et d’inégalités croissantes. Ces deux types de misères et les violences qu’elles imposent se cumulent et se renforcent.

Summary

The proliferation and duration of conflicts and political crises throughout the world is giving rise to ever increasing flows of people who are victims of forced displacement (65.5 million in 2016). The strict separation between economic poverty and political poverty, which come under different legal rights, no longer functions in a world of generalized communication and growing inequality where these two forms of violence sustain and reinforce one another.

La révolution russe, la première guerre mondiale et le démembrement des empires ont engendré un flux de 5 millions de réfugiés vers l’Europe, pour lesquels la Société des Nations a créé l’Office international Nansen pour les réfugiés. Avec la seconde guerre mondiale, leur nombre a explosé (40 millions) et les Nations unies ont mis en place en 1950 une nouvelle organisation, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dont l’existence ne devait être que temporaire. Si les migrations économiques sont encadrées par le droit commun de chaque État, les réfugiés relèvent de la Convention de Genève (1951) qui définit, au côté des protocoles additionnels et des conventions régionales, leurs droits et les obligations des États signataires (asile, non-refoulement et aide au rapatriement librement consenti). Conçu pour des situations conjoncturelles, ajusté à des configurations plus complexes et pérennes et élargi aux déplacés internes, le dispositif multilatéral qui a aidé plus de 50 millions de personnes reste cependant imparfait et trop peu contraignant pour les États.

Réfugiés et demandeurs d’asile, situation fin 2016

Sources : UNHCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) ; UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient).
Commentaire

Réalisée à partir des données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, la carte présente des flèches qui ne sont pas des flux de réfugiés au cours de l’année 2016 mais plutôt une photographie des effectifs (stocks) selon leurs pays d’origine et d’arrivée jusqu’en 2016. La géographie de ces déplacements montre le lien étroit avec les conflits, ainsi qu’avec les crises économiques, sociales et environnementales. Les déplacements les plus massifs proviennent du Moyen-Orient (principalement la Syrie), de l’Afrique subsaharienne (principalement la région des Grands Lacs) et d’Afghanistan.

D’abord des Européens déracinés par la seconde guerre mondiale, puis des individus fuyant le communisme ou bien des victimes d’une crise politique localisée (partition Inde/Pakistan/Bangladesh), les réfugiés sont aujourd’hui de tous statuts sociaux et proviennent de régions du monde très diverses. La multiplication et la durée des conflits et des crises politiques dans le monde engendrent des flux de plus en plus importants, avec un record historique en 2016 de 65,5 millions de personnes victimes de déplacements forcés pour cause de conflit, de persécution et violation de leurs droits (33,9 en 1997). Parmi eux 22,5 millions sont des réfugiés (pour 50 % des mineurs de moins de 18 ans) dont la moitié provient de Syrie, d’Afghanistan et du Soudan du Sud. Contrairement aux idées reçues, une majorité (56 %) trouve refuge en Afrique et au Moyen-Orient.

Réfugiés et demandeurs d’asile, 1960-2016

Source : UNHCR, http://popstats.unhcr.org 
Commentaire

Réalisée à partir des données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, cette collection de courbes sur l’origine des réfugiés et demandeurs d’asile, pour les pays qui en comptent le plus durant les 50 dernières années, montre de grandes différences d’amplitude et de rythme. Des conflits qui se poursuivent sur plusieurs générations nourrissent des flux de départs très importants et constants (Afghanistan), alors que des mouvements massifs mais spasmodiques caractérisent les conflits plus récents (Rwanda, Irak, Syrie, Soudan du Sud).

Le nombre, la violence et la soudaineté de ces mouvements nécessitent des interventions d’urgence où s’articulent avec difficulté des situations et logiques locales, régionales et internationales et les motivations et actions d’acteurs de types très différents, qu’il s’agisse des organisations internationales (Haut-Commissariat pour les réfugiés et Organisation internationale pour les migrations principalement), des ONG, des États, des entrepreneurs politiques, des sociétés civiles et des mafias.

Méditerranée

Au cours de voyages par étapes, longs, périlleux et souvent mortels, migrants et demandeurs d’asile utilisent les mêmes routes et moyens de transport.

Migrants morts et disparus, janvier 2014 - mars 2018

Source : Organisation internationale pour les migrations (OIM), Missing Migrants Project, https://missingmigrants.iom.int 
Commentaire

Développé depuis octobre 2013 par l’Organisation internationale pour les migrations, le projet Missing Migrants comptabilise les décès et disparitions aux frontières extérieures des États ou le long des routes migratoires dans le monde (accidents, naufrages, attaques, problèmes médicaux…) quel que soit le statut juridique des personnes. L’organisation internationale rassemble, croise et vérifie des informations issues de sources diverses : des États (gardes-côtes, légistes), des ONG, de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ou des médias.

La Méditerranée, espace multiséculaire de circulation et d’échanges, est aujourd’hui celui de la rencontre dramatique des crises sociales, économiques et politiques qui affectent le Maghreb, les Balkans et le Proche-Orient. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, au cours de l’année 2016, 345 831 migrants sont arrivés en Europe par la mer et 4 757 noyés ont été recensés, en 2017 on compte 164 779 arrivées et plus de 3 000 morts. Depuis la fermeture de la route des Balkans en 2016, les ports italiens sont devenus les principaux points d’entrée (plus de 70 % en 2017). Face à l’urgence humanitaire diversement médiatisée, les ONG et les sociétés civiles se sont mobilisées. L’Union européenne, quant à elle, tente de renforcer sa politique migratoire peu efficace, mal coordonnée, focalisée sur le contrôle de sesfrontières extérieures, en externalisant les tris dans les pays de départ.

« Crise des réfugiés »

La séparation juridique étanche entre misère économique et misère politique à laquelle s’accrochent les États inquiets, autant pour des questions de souveraineté que de politique intérieure, n’est plus fonctionnelle dans un monde d’échanges généralisés, d’ inégalités croissantes et d’institutions étatiques en crise.

Migrants morts et disparus par régions, 2014 - mars 2018

Source : OIM, Missing Migrants Project, https://missingmigrants.iom.int 
Commentaire

La base de données de l’Organisation internationale pour les migrations (Missing Migrants) comptabilise les décès et disparitions aux frontières extérieures des États ou le long des routes migratoires dans le monde (accidents, naufrages, attaques, problèmes médicaux...). Cette collection de diagrammes par régions montre la place particulière de la Méditerranée qui totalise 60 % du total mondial recensé, avec plus de 3 000 morts par an pendant la période et un record de plus de 5 000 en 2016. Viennent ensuite l’Afrique et la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Ces deux violences participent de la même histoire, s’entretiennent et se renforcent mutuellement. Le tri et l’abandon des individus à l’économie mafieuse, à l’exploitation, au vol et au viol, les murs et les politiques répressives sont une violence sociale à courte vue qui générera d’autres violences, dans les sociétés de départ comme dans les sociétés d’arrivée. Les expressions communes de « crise des réfugiés » et « crise migratoire » masquent une crise humanitaire sans précédent qui est aussi une crise morale des démocraties et une crise conceptuelle et politique de la communauté internationale. Les États et leurs différentes constructions interétatiques ne peuvent plus échapper à l’urgence de la construction collective d’une gouvernance des mobilités. Les ONG et des organisations internationales prônent une vision où les migrations ne seraient plus vues comme un fléau ou une menace mais comme un bénéfice pour les migrants comme pour les sociétés d’accueil, et contribuent aux consultations qui devraient aboutir en décembre 2018 à la signature du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

empires > Empire
Système politique reposant sur la diffusion d’une structure politique à prétention universaliste, l’empire est dirigé par une puissance centrale qui assujettit les populations situées à sa périphérie, à la suite de conquêtes militaires. Il est fréquemment composé de plusieurs entités nationales, ethniques ou religieuses (exemples : empires romain, byzantin, ottoman, napoléonien, russe, austro-hongrois, etc.). Les empires perdurent généralement grâce à une exploitation économique, en particulier dans le cas des empires coloniaux. Les empires se distinguent des États en ce qu’ils sont délimités par des marches floues plutôt que par des frontières encadrant nettement un territoire sur lequel l’autorité politique s’exerce de manière exclusive (marges/limes).
flux > Flux
L’augmentation des flux de biens matériels, immatériels, de capitaux et de personnes caractérise les processus de mondialisation en cours. Ces mobilités transfrontalières constituent un phénomène spatial dont les géographes et les cartographes, focalisés sur les territoires, ne se sont préoccupés qu’assez tardivement. Ces flux sont organisés en réseaux plus ou moins denses, non parce que les territoires et les lieux sont semblables et interchangeables mais parce qu’ils sont différents et interdépendants. Ils supposent des infrastructures (câbles sous-marins, oléoducs, gazoducs, routes terrestres, maritimes, fluviales, aériennes) et des activités logistiques (intermodalité des ports, aéroports de fret, entrepôts du e-commerce, hubs informationnels, etc.).
migrations > Migrant
Déplacement d’individus quittant durablement leur pays (émigration) pour se rendre dans un autre pays (immigration), de façon volontaire ou forcée (guerre, pauvreté, chômage, atteinte aux droits humains, conditions climatiques, etc.), et souvent en séjournant de façon plus ou moins temporaire dans différents pays dits de transit. Inhérents à l’histoire de l’humanité, les processus migratoires suscitent la mise en place de différents dispositifs de politiques publiques liés au contexte politique, économique et culturel ainsi qu’à la conception de la nationalité. Les États d’accueil s’efforcent d’organiser, parfois d’attirer (besoin de main-d’œuvre, exploitation de certains territoires, naturalisations, etc.), et plus souvent de restreindre l’immigration (contrôle aux frontières, quotas, titres de séjour, etc.). Les États de départ tentent, dans la plupart des cas, de maintenir des relations avec les nationaux et communautés diasporiques installées à l’étranger.
déplacés > Déplacés
Selon l’Organisation internationale pour les migrations, le terme désigne les personnes ou groupes qui ont été forcés ou contraints à fuir ou quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits de l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou pour en éviter les effets, et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un État. En anglais IDPs (internally displaced persons).
multilatéral > Multilatéralisme
Considérer le multilatéralisme comme une coopération internationale impliquant au moins trois États revient à le réduire à une simple technique alors que celui-ci se double d’une dimension qualitative et normative présente dès la Société des Nations. Selon Franck Petiteville, le multilatéralisme est ainsi une forme d’action collective internationale dont la finalité est de produire « de(s) normes et de(s) règles visant à établir un ordre international coopératif régissant les interdépendances internationales ». L’apparition de l’adjectif « multilatéral » à la fin de la décennie 1940 est concomitante de la prise de conscience de cette dimension.
réfugiés > Réfugié
Personne se trouvant à l’extérieur de son pays et à qui le pays dans lequel elle se trouve a reconnu le statut de réfugié tel que défini dans la Convention de Genève de 1951, qui accorde la protection et l’assistance du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à toute personne « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ». Ce terme ne doit pas être confondu avec celui de demandeur d’asile, correspondant aux personnes ayant fui leur pays et ayant déposé auprès des autorités du pays d’accueil ou du HCR une demande d’asile afin de bénéficier du statut de réfugié. Un réfugié a donc été demandeur d’asile mais tous les demandeurs d’asile ne voient pas leur demande acceptée (ces déboutés du droit d’asile doivent alors quitter le territoire).
conflits > Guerre
Affrontement violent entre groupes armés sur des valeurs, des statuts, des pouvoirs ou des ressources rares, et dans lequel le but de chacun est de neutraliser, d’affaiblir ou d’éliminer ses adversaires. Cette violence armée collective organisée peut être le fait d’États (via leurs armées nationales) ou de groupes non étatiques ; elle peut opposer plusieurs États (guerre interétatique) ou se dérouler à l’intérieur d’un État (guerre civile). Progressivement codifiées et encadrées par le droit, les premières sont devenues rares, tandis que les secondes, aujourd’hui essentiellement causées par la défaillance institutionnelle des États, tendent à s’internationaliser, à perdurer (parfois des décennies) et à être extrêmement meurtrières, surtout pour les populations civiles.
entrepreneurs politiques > Entrepreneur politique
Au sens de Max Weber, l’entrepreneur gère un groupe organisé disposant d’une direction administrative et poursuivant un but précis. L’entrepreneur identitaire ou religieux désigne ainsi tout agent mobilisant des symboles identitaires ou religieux au bénéfice de son capital politique, social, voire économique.
sociétés civiles > Société civile
À l’échelle nationale, la société civile désigne une entité sociale distincte de l’État et dépassant les individus et les groupes qui la composent (classes sociales, catégories socioprofessionnelles, générations…). La notion de société civile mondiale est apparue au cours des années 1970 (John Burton, World Society) et désigne l’ensemble des relations sociales construites hors du contrôle de l’État sur la scène internationale par la mobilisation de ressortissants de tous les pays pour revendiquer des régulations infra ou supranationales. L’expression masque toutefois une grande diversité. La notion de société-monde apparaît pendant les années 1990 chez les géographes et désigne le processus le plus englobant de création d’un espace social à l’échelle de la planète.
mafias > Mafia
Le terme désigne à l’origine des groupes criminels italiens et s’applique aujourd’hui de manière générique à tous les réseaux d’économie illégale fonctionnant sur la base du crime organisé (drogue, racket, prostitution, contrefaçon, etc.). Acteurs transnationaux les moins bien connus, ce sont des groupes très organisés, strictement hiérarchisés et en développement rapide dans les États incapables de les contrôler ou bien qui les tolèrent (Russie, Chine, Mexique, Colombie), où leur poids dans l’économie peut être considérable.
espace > Espace
Terme aux sens et usages multiples, catégorie bien moins abordée par les philosophes que celle du temps et qui a longtemps constitué une difficulté théorique (non consensuelle) pour les géographes dont ce devrait être l’objet central. Contrairement aux représentations courantes d’une étendue naturelle que rempliraient les sociétés, l’espace est un produit social sans cesse reconstruit par les interactions sociales. Il constitue l’une des dimensions de la vie sociale, à la fois matérielle et culturelle. Parler d’espace social n’augure pas de sa forme, territoriale, réticulaire, ou les deux à la fois.
frontières > Frontière
Ligne au-delà de laquelle cesse la souveraineté étatique. Elle se distingue des marges floues ou limites des empires. N’ayant rien de naturel, ces constructions historiques lentes, plus ou moins endogènes, et plus ou moins objet de contestations et de violence, sont profondément modifiées par les processus de mondialisation contemporains. Les intégrations régionales les transforment, les atténuent, voire les suppriment et les repoussent ; les acteurs transnationaux les traversent ou les contournent en même temps qu’elles se sont fermées aux migrations et que de nouvelles frontières (sociales, culturelles) sont érigées.
États > État
L’État est un système politique centralisé (différent du système féodal), différencié (de la société civile, espace public/privé), institutionnalisé (dépersonnalisation de l’institution), territorialisé (un territoire dont les frontières marquent de manière absolue les limites de sa compétence), qui prétend à la souveraineté (détention du pouvoir ultime) et se doit d’assurer la sécurité de sa population. En droit international public, l’État se définit par une population qui vit sur un territoire borné par des frontières sous l’autorité d’un pouvoir politique (État national territorial).
souveraineté > Souveraineté
Notion politique conçue au Moyen Âge afin de légitimer l’indépendance d’États naissants (France, Angleterre) à l’égard du Pape et de l’Empereur, et reprise par de nombreux théoriciens (Bodin, Grotius, Schmitt). Désigne la prétention de l’État à ne reconnaître aucune autorité supérieure à la sienne sur son territoire. Elle justifie des représentations politiques et juridiques plus qu’elle ne décrit les rapports de pouvoir existants. Socle du système international, des principes d’égalité juridique entre les États et de non-intervention dans les affaires intérieures, elle s’oppose à l’ingérence. Dans les États démocratiques, elle est attribuée au peuple « souverain », qui légitime les institutions et les gouvernants par son vote. Les processus d’intégration régionale se construisent à partir de délégations de souveraineté des États.
inégalités > Inégalité
Répartition inégale des biens, matériels et/ou immatériels, considérés comme nécessaires ou désirables. Outre les inégalités de revenus (internes, internationales et mondiales), les inégalités, cumulatives, se mesurent également en matière d’accès aux services publics (accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à un logement, à la justice, à une sécurité effective, etc.), à la propriété et plus largement aux ressources naturelles, ainsi qu’en matière d’expression politique ou de capacité de réaction face au risque écologique. Lorsque ces inégalités se fondent sur des critères prohibés par la loi, elles constituent des discriminations.
viol > Viol
Le viol est une forme de criminalité qui utilise la sexualité humaine (sous toutes ses formes) comme outil de torture et de destruction de l’intégrité physique et identitaire de la victime, sans inclure forcément la mort. Ses conséquences perdurent dans le temps (grossesses, maladies, fardeau psychologique, stigmatisation sociale et/ou familiale). Les violences sexuelles introduisent une dissymétrie liée aux conditions de la reproduction humaine, puisque seules les femmes violées peuvent tomber enceintes. Le viol est une forme de violence extrême et un crime de profanation pour la personne sociale et morale concernée (destruction de l’honneur de la famille dans certaines cultures, sentiments de honte des victimes). Depuis les années 1990, l’utilisation du viol systématique comme arme de guerre est reconnue.
démocraties > Démocratie
Régime politique fondé sur la souveraineté populaire, où la légitimité du pouvoir découle de son acceptation par le peuple. Inspirée du modèle mis en place dans la Grèce antique et du libéralisme promouvant les libertés individuelles, la démocratie est aujourd’hui avant tout représentative et fondée sur un principe d’égalité des citoyens (élections au suffrage universel). Elle est indissociable du respect des droits humains fondamentaux, dont les libertés d’expression, d’association, d’informer, etc. Alors qu’elle s’est progressivement universalisée et tend à devenir la norme, elle ne renvoie pas à un modèle unique car elle dépend toujours du contexte social et culturel de sa mise en place, variable d’un endroit à l’autre et selon les époques.
gouvernance > Gouvernance
Inspirée de la gestion et de l’entreprenariat, l’expression gouvernance globale renvoie aux institutions formelles et informelles, mécanismes et processus par lesquels s’établissent et se structurent les relations entre États, citoyens, marchés et organisations internationales et non gouvernementales à l’international. Le système de gouvernance globale tend à articuler les intérêts collectifs, à établir des droits et obligations, à arbitrer les différends et à déterminer les modes de régulation appropriés aux objets et acteurs concernés. La gouvernance prend différentes formes : gouvernance multilatérale universelle, gouvernance de club (réservée à certains membres comme le G7/8/20), gouvernance polycentrique (juxtaposition d’instruments de régulation et de gestion à différentes échelles), etc.
MobilitésMigrations environnementalesMobilitésUn monde de déplacés