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L’énergie nucléaire après Fukushima

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Mise au point au cours des années 1960, l’énergie nucléaire fut à l’origine présentée comme la panacée, permettant aux pays d’accéder à l’indépendance énergétique grâce à la fourniture d’immenses quantités d’énergie à prix modique. Les chocs pétroliers des années 1970 poussèrent nombre de pays industrialisés à la développer. Aujourd’hui pourtant, le nucléaire ne représente que 5 % de la production mondiale d’énergie primaire ; la France, où 75 % de l’électricité est d’origine nucléaire, est une exception dans le paysage énergétique mondial.

Malgré certains atouts mis en avant par ses promoteurs (absence d’émission de gaz à effet de serre notamment), l’énergie nucléaire présente en effet deux handicaps insurmontables. Le premier est la production inévitable de déchets radioactifs, extrêmement dangereux et dont la durée de vie se compte en centaines de milliers d’années. Aucune solution n’existe pour ces déchets, qui sont à l’heure actuelle généralement entreposés à proximité des centrales ; certains pays, dont la France, envisagent de les enterrer, (suite au verso) mais cette pratique est contestée car personne ne peut garantir l’innocuité de cette solution sur la durée de vie des déchets.

Le deuxième handicap est le risque inhérent d’accident majeur et sa répétition : Three Mile Island (États-Unis) en 1979, Tchernobyl (Ukraine) en 1986, Fukushima (Japon) en 2011. L’aversion au risque croissante des sociétés des pays développés a ainsi poussé de nombreux pays à renoncer au nucléaire ou à programmer son abandon (Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Suisse, etc.). Sans l’interdire, les États-Unis ont, à quelques exceptions près, cessé de construire de nouvelles centrales depuis 1979. Au Japon, le gouvernement (très pro-nucléaire) peine à relancer les centrales fermées depuis 2011 à cause de la pression de l’ opinion publique.

La construction de nouvelles centrales se concentre aujourd’hui dans les pays émergents, où le nucléaire conserve une image de progrès et où l’aversion au risque est faible. Mais, à terme, l’industrie nucléaire semble condamnée par sa perte de compétitivité car il devient moins cher de produire de l’électricité à partir d’ énergies renouvelables (éolien en particulier) qu’avec du nucléaire.

Énergie nucléaire, 1954-2018

Sources : AIEA , Power Reactor Information System (PRIS), www.iaea.org/pris ; Bulletin of the Atomic Scientists, https://thebulletin.org/global-nuclear-power-database 

Commentaire : Les centrales nucléaires se concentrent en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Nord-Est : les États-Unis et la France en possèdent le plus, devant le Japon, la Russie et la Chine. Cette filière énergétique produit la majorité de l’électricité en France, en Belgique, en Ukraine ou en Suède. Au plan chronologique, les centrales nucléaires sont anciennes au Nord, où la production actuelle a été atteinte au cours des années 1980, alors qu’elles sont plus récentes voire en construction dans les pays du Sud, en Chine surtout où plus de 20 réacteurs sont en construction, et dans une moindre mesure aux Émirats arabes unis ou en Russie. Bien que l’énergie nucléaire émette peu de gaz à effet de serre, les inconvénients sont assez nombreux : catastrophes industrielles sanitaires et environnementales, coûts importants (construction, entretien, démantèlement, etc.), déchets massifs, nocifs, pérennes et difficiles à traiter, etc.

Citation

« L’énergie nucléaire après Fukushima » Espace mondial l'Atlas, 2018, [en ligne], consulté le 15 mars 2021, URL:
https://espace-mondial-atlas.sciencespo.fr/fr/rubrique-ressources/focus-5F06-l-energie-nucleaire-apres-fukushima.html

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