3Stratégies des acteurs internationaux
- Organisations internationalesPublié leLes organisations internationales (OI) représentent la forme la plus courante de multilatéralisme. Plus souvent critiquées qu’applaudies, elles montrent pourtant une capacité à perdurer et à s’adapter, même si se profilent d’autres institutions de coopération comme les clubs. Souvent considérées comme les instruments des États les plus puissants, les OI sont aussi des bureaucraties dont l’influence sur la scène internationale est significative.
- Les États et le transnationalPublié leDéfini par son territoire, sa population, son gouvernement et sa reconnaissance par les pairs, l’État est un modèle d’organisation politique né en Europe à la fin du Moyen ge. Son universalisation, à la faveur notamment de la décolonisation, n’a pas mené à une stabilisation du système international fondé sur l’illusion de la souveraineté.
- Miettes d’empires, États manquésPublié leInvention européenne du XVII e siècle, l’État-nation s’est diffusé au monde entier au gré des vagues de colonisations et décolonisations ; sept individus sur dix dans le monde ont un passé colonial et les États dits faillis témoignent de la difficile généralisation du modèle européen de l’État-nation. D’anciens liens coloniaux perdurent sous différentes formes, nationalité et citoyenneté se recouvrent rarement et des peuples sont en attente d’État.
- Pays émergentsPublié leLe terme émergent permet d’analyser l’insertion internationale de plusieurs pays ainsi qualifiés, qu’ils revendiquent ou refusent cette étiquette. S’ils ont en commun la contestation d’un ordre international qu’ils souhaitent plus juste et plus représentatif, les pays émergents diffèrent tant dans leurs trajectoires que dans leurs stratégies diplomatiques.
- L’Europe acteur globalPublié leFondée sur une intégration économique et commerciale toujours plus poussée, l’Union européenne est devenue un acteur majeur de la mondialisation. Parce qu’elle est dépourvue d’une vision de politique étrangère commune et de transferts de souveraineté en matière diplomatique et militaire, elle tend à s’affirmer sur la scène internationale par le biais de l’humanitaire ou par celui de la participation à des négociations internationales.
- Intégrer la diversitéPublié leL’explication des tensions du monde post-bipolaire par l’appartenance civilisationnelle ou identitaire a contribué à faire oublier les autres causalités et à promouvoir une idée de l’humanité enfermée dans des logiques d’exclusion, de peur et de violence. Plurielle et subjective, l’identité n’est ni naturelle ni stable, mais résulte d’un processus de construction complexe. Les interdépendances, les mobilités, la circulation des idées et des valeurs, l’accès direct de chaque individu à d’autres modèles élargissent aujourd’hui à l’infini l’offre identitaire.
- Mobilisations identitaires et religieusesPublié leCertains acteurs transnationaux mobilisent des référents ethniques ou religieux pour susciter l’adhésion à leur projet politique ou sociétal. Ils recomposent la scène politique mondiale en s’appuyant sur des réseaux transnationaux qui conduisent, selon les contextes, à la fragmentation des unités politiques et à l’internationalisation des conflits.
- Sociétés civilesPublié leL’usage de l’expression « société civile internationale » tend à homogénéiser et à déterritorialiser des acteurs très diversifiés, qui connaissent entre eux d’importantes inégalités et tensions, et n’ont en commun qu’une vocation à représenter les peuples, ceux d’en-bas, les victimes, etc. Qu’ils participent à des initiatives aux côtés d’États et d’organisations internationales ou qu’ils contestent ces institutions, les acteurs de la société civile sont devenus d’indispensables forces de proposition.
- Des ONG pluriellesPublié leIl existe une large palette d’organisations non gouvernementales (ONG) aux degrés d’indépendance variés, suivant le contexte de leur création et les modalités de leur financement. Cette pluralité tend à se renforcer avec l’émergence de nouveaux acteurs de l’aide et du développement, qu’il s’agisse d’ONG issues des Suds ou d’acteurs situés à la croisée des secteurs marchand et non marchand.
- Géants du web et médiasPublié leLa convergence des innovations dans l’informatique, les télécommunications et l’audiovisuel a permis l’émergence de firmes globales qui captent la majorité des marchés et contrôlent la société de l’information. Ce contexte constitue pour les entreprises de médias et les journalistes une opportunité et une contrainte. Avec le fact checking, le data journalisme et les réseaux internationaux de rédactions, de nouvelles façons de travailler ont émergé.
- Firmes multinationalesPublié leLes firmes multinationales (FMN) sont parmi les acteurs les plus puissants de l’espace mondial. Leur développement est à la fois la conséquence et l’un des moteurs essentiels de la mondialisation. Face à leurs stratégies globales et à leurs modes de fonctionnement transnationaux, les États peinent à instaurer un système de gouvernance qui permettrait de pallier les conséquences sociales et environnementales des activités des FMN.
- Finances en crisesPublié leNécessaires au financement de l’économie, les marchés financiers se sont émancipés du contrôle des États au cours du xxe siècle, pour devenir un lieu globalisé d’enrichissement (parfois frauduleux) hautement spéculatif. Faute d’un cadre de régulation global, l’éclatement de plus en plus fréquent des bulles spéculatives engendre des crises en série, aux conséquences économiques et sociales profondes.
- Criminalités transnationalesPublié leCybercriminalité, criminalité environnementale, trafic de drogue, d’êtres humains, de médicaments et d’armes, etc., les acteurs du crime organisé transnational ne cessent de diversifier leurs activités, qui détruisent des individus, gangrènent les sociétés et les États et déstructurent les économies.