Réguler le commerce mondial
Le porte-conteneurs Houston Express au terminal Burchardkai du port de Hambourg, Allemagne
Crédit : Pexels/Julius Silver/CC BY
Le porte-conteneurs Houston Express au terminal Burchardkai du port de Hambourg, Allemagne.
L’augmentation et la fluidification des transports maritimes (containers) au sein d’un réseau planétaire d’infrastructures de ports, de grandes voies de passage et le dynamisme de la construction navale aux mains de puissantes FMN d’armateurs et d’opérateurs ont stimulé l’augmentation du commerce mondial et l’insertion massive des pays du Sud et plus particulièrement ceux d’Asie dans l’économie mondiale.
Résumé
Le mouvement de libéralisation du commerce mondial se poursuit, malgré les crises économiques, les poussées protectionnistes et l’enchevêtrement des logiques opposées d’acteurs multiples (États du Nord et du Sud, entreprises, OMC, ONG, etc.).
La valeur des exportations mondiales de marchandises a augmenté de 32 % en 10 ans et s’élève à 16 000 milliards de dollars en 2016 ; celle des services commerciaux d’environ 64 %, soit 4 770 milliards de dollars. Parmi les marchandises, les biens manufacturés et surtout les produits agricoles connaissent une forte croissance (respectivement +37 % et +67 %) alors que les exportations de combustibles et de produits miniers ont diminué de 10 % suite à la baisse des prix du pétrole.
Commerce mondial de marchandises et de services, 2006-2016

Commentaire : Selon les statistiques de l’OMC, le commerce mondial de marchandises a nettement augmenté depuis 2006, malgré les fortes irrégularités de la courbe (impact de la crise de 2008, tassement depuis 2014). Les courbes du haut montrent l’évolution du volume, exprimé en dollars : le commerce de marchandises y est trois fois supérieur à celui des services, en 2016. Les courbes du bas, en base 100 (100 = la valeur en 2006), montrent davantage l’évolution dans le temps et, en la matière, le commerce des services a davantage cru que celui des marchandises.
Acteurs d’une mondialisation sélective
Des bases de données très complètes (ONU/ COMTRADE et OMC) permettent de saisir les évolutions du commerce mondial mais ne rendent pas totalement compte de la complexité des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux. La comptabilisation des échanges aux frontières est insuffisante et obsolète, la notion de pays d’origine ne montre pas la chaîne de valeur ajoutée ni le commerce intra-firme, et certains acteurs sont encore mal connus (PME, commerce en ligne, etc.).
Commerce de marchandises, 2016

Commentaire : Les données de l’OMC utilisées pour cette carte sont agrégées en grandes régions, ce qui produit une image simple et lisible mais qui masque d’importantes asymétries (la Chine représente 76 % des exportations de l’Asie) et répète des concepts qu’il conviendrait de nuancer (la « triade » au Nord qui concentrerait la majorité des échanges commerciaux). Les flèches du commerce interrégional montrent à la fois les enchevêtrements, une hiérarchie et, souvent, une dissymétrie entre les exportations et les importations (entre l’Asie et l’Amérique du Nord par exemple). Les cercles du commerce intrarégional montrent les échanges entre États à l’intérieur d’une zone ; ils sont à considérer avec précaution, car ils dépendent en partie du nombre d’États ou du niveau d’intégration économique, d’où la forte valeur en Europe.
L’émergence des grands pays du Sud s’est faite par l’abandon des politiques protectionnistes de substitution aux importations et par l’ouverture commerciale. Entrée à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en 2001, la Chine joue un rôle majeur aussi bien dans ses rapports avec les deux autres grands pôles du commerce mondial que sont les États-Unis et l’Europe (44 % des exportations et 45 % des importations mondiales à eux trois en 2016) que dans le commerce Sud-Sud.
Même si les changements technologiques jouent un rôle important dans la diminution des emplois manufacturiers, la libéralisation du commerce est souvent pointée comme principale responsable de la désindustrialisation des pays du Nord. Les remèdes avancés par certains, notamment les partis populistes, sont le retour au protectionnisme par la hausse des barrières tarifaires aux importations (taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium aux États-Unis en mars 2018, mesures de lutte contre la plateforme de e-commerce chinoise Alibaba, etc.) ou la renégociation des accords régionaux conclus sous l’égide de l’OMC.
Si les petites et moyennes entreprises représentent une part importante de l’emploi dans le monde, leur contribution au PIB est moindre que celle des grandes entreprises (productivité plus faible) et leur participation au commerce n’est que du tiers du total alors qu’elles représentent les trois quarts des exportateurs. Elles rencontrent de nombreux obstacles sur les marchés : peu d’économie d’échelle sur les coûts fixes, lourdeur des procédures douanières, manque d’informations, difficultés d’accès aux financements et insuffisance des politiques publiques de soutien. Le commerce électronique est une opportunité que l’OMC, l’ONU, l’Union européenne et l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) essaient de mieux mesurer. Il profite surtout aux PME les plus récentes et les plus agiles, nées avec la mondialisation accélérée.
Infrastructures mondiales
Tous les acteurs du commerce mondial bénéficient de la fluidification des transports de marchandises. Depuis les années 1950, les containers standardisés et l’équipement des ports en portiques et quais spécialisés ont contribué à l’abaissement des coûts et à la transformation de la géographie mondiale des échanges. Le réseau des routes maritimes et l’infrastructure des grands ports (dont certains sont de véritables hubs) sont pour l’Asie, et plus généralement pour le Sud, des outils d’intégration dans l’économie mondiale (et l’objet d’investissements fructueux pour les entreprises du Nord). Les activités liées au commerce maritime sont concentrées entre les mains de puissants armateurs et opérateurs de terminaux ; les entreprises asiatiques y prennent une place croissante.
Les 100 premiers ports de marchandises dans le monde, 2016

Commentaire : La Lloyd’s List est l’acteur historique et principal du marché de l’assurance et de la réassurance. Il analyse les activités du commerce maritime, dont les ports de marchandises. Ces infrastructures s’appuient essentiellement sur les containers et constituent l’outil de l’intégration dans l’économie mondiale. Leur géographie montre un chapelet qui jalonne les routes maritimes reliant l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord. Les plus grands ports – en termes de trafic – se concentrent en Asie de l’Est où se trouvent 12 des 15 premiers ports (dont 8 en Chine), alors que Rotterdam, longtemps premier port du monde, n’occupe aujourd’hui que la 12e position.
Plus récemment, le développement de l’ internet et du nombre de ses usagers a permis la croissance du e-commerce, dominé par deux firmes mondiales très dynamiques, Amazon (États-Unis) et Alibaba (Chine), qui comptent au total plus de 750 millions de clients en 2016. Elles sont cependant conçues selon deux modèles différents : alors qu’Amazon stocke dans ses entrepôts, vend et expédie en s’appuyant sur de puissantes infrastructures et un personnel nombreux dans le monde entier (300 000 salariés en 2016), la plateforme chinoise est seulement un intermédiaire entre des millions de vendeurs et des centaines de millions de clients.
Difficile régulation multilatérale
En 1947, le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) promeut le libre-échange comme facteur de paix et la non-ratification par les États-Unis de la Charte de La Havane le transforme en un instrument durable de négociations multilatérales en dehors de l’ONU, incluant toujours plus de pays, de produits et de sujets. La superposition d’accords partiels qui en découle débouche en 1994 sur l’accord de Marrakech qui donne naissance à l’Organisation mondiale du commerce, structure permanente d’encadrement et de régulation des échanges commerciaux, dotée d’un Organe de règlement des différends (ORD) disposant d’un pouvoir de sanction (entre 1995 et 2016 plus de 500 différends ont été soumis à l’ORD). Les Accords de l’OMC (marchandises, services et propriété intellectuelle) encadrent la libéralisation des échanges (et ses exceptions), les pays membres s’engagent à réduire les obstacles dans la transparence et à régler leurs différends, mais peuvent prévoir des dispositions particulières et progressives pour les pays en développement (PED). En 1999, l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations à Seattle se heurte aux désaccords entre l’Union européenne et les États-Unis, à une contestation par les pays du Sud des thèmes abordés et à l’irruption des mouvements altermondialistes. Entre 1996 et 2017, 11 conférences ministérielles se succèdent, articulant des logiques d’ États aux intérêts divergents et très inégalement dotés de capacités de négociation (fonctionnaires hautement spécialisés et cabinets d’avocats) avec celles de firmes transnationales concurrentes qui s’appuient sur les lobbies puissants. Le cycle de Doha, lancé fin 2001, comprend 20 domaines de négociations. En 2018, il se trouve toujours dans une impasse qui témoigne des difficultés à réguler le commerce mondial.
Différends à l’Organisation mondiale du commerce, 1995-2018

Commentaire : L’Organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC dispose d’un pouvoir de sanction dans l’arbitrage des différends commerciaux entre États membres. La matrice montre que les deux géants commerciaux que sont les États-Unis et l’Union européenne (UE, celle-ci siégeant en tant que telle et au nom de ses États membres) concentrent la majorité des plaintes : qu’ils en déposent ou en soient l’objet, entre eux et avec de nombreux autres pays, dont les émergents, Chine en tête. Devenue en 2001 le 143e État membre de l’OMC, celle-ci ne s’oppose, elle, qu’à ces deux partenaires.
- frontières > Frontière
- Ligne au-delà de laquelle cesse la souveraineté étatique. Elle se distingue des marges floues ou limites des empires. N’ayant rien de naturel, ces constructions historiques lentes, plus ou moins endogènes, et plus ou moins objet de contestations et de violence, sont profondément modifiées par les processus de mondialisation contemporains. Les intégrations régionales les transforment, les atténuent, voire les suppriment et les repoussent ; les acteurs transnationaux les traversent ou les contournent en même temps qu’elles se sont fermées aux migrations et que de nouvelles frontières (sociales, culturelles) sont érigées.
- Sud
- Voir Nord et Sud
- substitution aux importations > Substitution des importations
- Notion et pratiques développées par la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL/ONU) dans le but d’industrialiser un pays en favorisant le développement de productions qui permettent de remplacer les produits importés par une production nationale. Cette politique s’accompagne généralement de mesures protectionnistes afin d’isoler les entreprises nationales de la concurrence extérieure.
- libéralisation > Libéralisme
- Issu de la philosophie des Lumières, le libéralisme désigne un corpus de philosophie politique plaçant la préservation des droits individuels au centre de sa conception de la société et de l’ordre politique. En découlent, d’une part, des mécanismes de protection de l’individu face aux risques d’arbitraire étatique, lesquels se traduisent la plupart du temps par la préférence pour un ordre politique démocratique ; d’autre part, l’importance accordée au respect de la propriété privée, dont découle la préférence pour une implication minimale de l’État dans l’économie et son repli sur la sphère régalienne. Derrière ce consensus, il existe de nombreux débats quant au degré d’implication de l’État dans l’économie, la protection des individus ou celle d’un ordre politique et de normes sociales données, qui se traduisent par différentes déclinaisons du libéralisme (courants ordo-libéraux à l’allemande, libertariens ou encore libéraux-conservateurs).
- désindustrialisation > Industrialisation
- Développé à partir de la révolution industrielle en Europe occidentale puis aux États-Unis et dans leurs annexes coloniales, le processus d’industrialisation est en transformation constante (structures, productions et localisations). Les firmes se réorganisent à l’échelle du monde (division internationale du travail). Les IDE et les délocalisations sont à la base du couple désindustrialisation/industrialisation, avec d’un côté l’abandon des espaces industriels traditionnels (fermeture d’usines, suppression d’emplois, démantèlement des réseaux de sous-traitance), et de l’autre l’ouverture d’usines dans les pays émergents et du Sud. La valeur ajoutée des industries manufacturières augmente grâce aux gains de productivité (innovation et R&D) et à l’externalisation des services aux entreprises (maintenance, transport, logistique, recherche, informatique, publicité).
- Nord
- Voir Nord et Sud
- protectionnisme > Protectionnisme
- Opposé du libre-échange, le protectionnisme désigne une doctrine politique et une pratique d’État qui tend à mettre en place des mesures de protection des industries et services nationaux face à la concurrence étrangère (barrières tarifaires et non tarifaires principalement). Après la seconde guerre mondiale, le protectionnisme a été considéré comme un facteur d’aggravation des antagonismes politiques et des rivalités commerciales pouvant mener à la guerre, et le libre-échange est devenu un objectif partagé pour répondre aux besoins des entreprises et atteindre les objectifs de croissance. Ce dernier étant de plus en plus contesté, d’abord par les pays du Sud, mais aussi dans certains pays développés, le protectionnisme fait sa réapparition comme doctrine, comme programme politique ou comme menace (par exemple dans les rapports États-Unis/Chine depuis l’élection de Donald Trump).
- e-commerce > Commerce électronique
- Forme de transactions commerciales développée à partir des années 1990 en parallèle à la croissance des abonnements à internet, qui comprend la publicité, la vente et la distribution de produits et services par l’intermédiaire des réseaux de communication. Largement dominé par des firmes mondiales en pleine croissance, le commerce électronique représente une ouverture mondiale de l’offre à toutes sortes de produits mais sa clientèle, elle aussi mondiale, est inégalement répartie, à l’image des accès à internet. La rapidité de sa diffusion contribue à redessiner la carte des établissements et des emplois du commerce de détail par la concurrence infligée aux magasins de proximité (désertion des centres-villes) et même des périphéries urbaines (crise des grandes surfaces).
- PIB > Produit intérieur brut
- Indicateur économique mesurant la richesse produite par les investissements et les dépenses de consommation des ménages, des entreprises et de l’État à l’intérieur d’un pays (à distinguer du revenu national brut, qui mesure la richesse créée globalement par les seuls acteurs économiques nationaux). Très utilisé par les économistes (en particulier le PIB par habitant), il comprend de nombreux biais : il ne considère que les activités marchandes, ne tient pas compte des externalités négatives (destruction de l’environnement pas exemple), élude la question des inégalités sociales et spatiales, et postule (à tort) l’existence d’une corrélation entre richesse et niveau de développement. D’autres outils statistiques ont été développés pour tenter de pallier ces défauts (indice de développement humain, indice de Gini, etc.).
- mondialisation > Mondialisation
- Le terme mondialisation renvoie à un ensemble de processus multidimensionnels (économiques, culturels, politiques, financiers, sociaux, etc.) qui reconfigurent l’espace mondial. Ces processus ne consistent pas seulement en un changement d’échelle généralisé vers le mondial car ils ne convergent pas nécessairement, ne touchent pas tous les individus et n’ont pas sur eux les mêmes effets. Plus que l’intensification des échanges de tous types, l’internationalisation des économies ou l’essor des connexions, la mondialisation contemporaine désigne les transformations de l’organisation spatiale des relations économiques, politiques, sociales et culturelles.
- réseau > Réseau
- La géographie classique a toujours survalorisé les surfaces, les territoires, les pays et les terroirs, mais l’analyse des réseaux est maintenant placée au cœur de sa démarche. Ils sont définis comme un espace où la distance est discontinue, et composés de nœuds reliés par des lignes. Ils sont soit matériels (réseaux de transport de personnes, de biens ou d’énergie, câbles informatiques et autoroutes de l’information), soit immatériels. Partiellement dématérialisés (internet par exemple), ils sont le fait aussi bien d’individus que d’organisations. Les philosophes (Gilles Deleuze et Félix Guattari), les sociologues (Manuel Castells), les politistes (James Rosenau) et les économistes utilisent ce concept pour analyser les logiques réticulaires de fonctionnement des individus.
- internet > Internet
- Interconnexion à l’échelle mondiale de réseaux informatiques locaux permettant d’échanger textes, images, sons, vidéos grâce à un protocole unique (TCP/IP). Inventé aux États-Unis (années 1960) par des chercheurs et militaires, le réseau n’a cessé de croître, de se ramifier et d’innover. Au début des années 1990, les navigateurs rendent internet accessible au grand public. Les connexions à haut débit permettent les transferts de données de plus en plus volumineuses, la multiplication des activités en ligne et le passage d’une logique de stock d’informations à celle de flux continu. Le web 2.0, communautaire et interactif, stimule les échanges entre usagers, modifie les comportements sociaux et les mobilisations en leur donnant une visibilité instantanée. Les États non démocratiques en pratiquent régulièrement la censure. L’internet des objets désigne la connexion entre le réseau et des objets de types variés dits objets connectés.
- paix > Paix
- La définition de la paix fait l’objet de nombreux débats. Une définition restrictive de la paix l’entend comme l’absence de conflit (paix négative). Les peace studies ont réinterprété cette définition en intégrant les conditions de réalisation de la paix : la paix positive correspond à l’intégration au sein de la société humaine. Associée au concept de violence structurelle, la paix positive est alors entendue plus largement comme la justice sociale. Parmi les différentes théories de la paix, la paix démocratique ou paix libérale affirme, non sans critique, que les démocraties libérales n’entrent pas en guerre entre elles et ne combattent que des États non libéraux (cette approche nuance le postulat de Kant, Vers la paix perpétuelle, 1795).
- multilatérales > Multilatéralisme
- Considérer le multilatéralisme comme une coopération internationale impliquant au moins trois États revient à le réduire à une simple technique alors que celui-ci se double d’une dimension qualitative et normative présente dès la Société des Nations. Selon Franck Petiteville, le multilatéralisme est ainsi une forme d’action collective internationale dont la finalité est de produire « de(s) normes et de(s) règles visant à établir un ordre international coopératif régissant les interdépendances internationales ». L’apparition de l’adjectif « multilatéral » à la fin de la décennie 1940 est concomitante de la prise de conscience de cette dimension.
- sanction > Sanctions
- Les sanctions, négatives ou positives, désignent la pratique par laquelle un/des État/s ou des organisations internationales mettent en place des mesures coercitives (embargo, retrait d’ambassadeur, interdiction de visa, gel des avoirs bancaires à l’étranger) ou des incitations (aide économique) pour persuader un autre État, ou certains individus en son sein, de mettre un terme à une action en cours, de revenir au statu quo ou d’agir. Elles peuvent exercer leur effet coercitif directement, en visant des dirigeants politiques, ou plus indirectement en favorisant le mécontentement populaire vis-à-vis du régime. Un débat sur leur efficacité oppose ceux qui les considèrent comme un instrument de pression sans engagement militaire à ceux qui soulignent le coût social et humain sur les groupes les plus défavorisés.
- propriété intellectuelle > Propriété intellectuelle
- Terme qui recouvre les droits d’utilisation d’une « création intellectuelle » : droits d’auteur d’œuvres littéraires et artistiques, et droits de propriété industrielle (marques de fabrique et indications géographiques, ainsi que la protection des inventions – brevets –, des dessins et modèles industriels). Alors que les idées et les connaissances représentent une part de plus en plus importante de la valeur ajoutée des biens vendus dans le monde, ces droits cherchent à protéger les investissements dans la recherche et développement et à en pérenniser les financements. L’Accord sur les droits de propriété intellectuelle (ADPIC), signé en 1994 dans le cadre de l’OMC, harmonise ces protections par des règles internationales communes qui obligent les États membres à lutter contre la contrefaçon et le piratage.
- négociations > Négociation
- Pratique destinée à obtenir un accord entre des acteurs publics ou privés pour satisfaire les intérêts matériels et symboliques des participants par des concessions mutuelles. Les négociations internationales constituent l’une des modalités de résolution pacifique des différends et peuvent se dérouler bilatéralement (entre deux acteurs) ou multilatéralement (trois acteurs ou plus). Elles débouchent souvent sur un document officiel (déclaration commune, accord de paix, traité commercial, convention internationale). Les négociations collectives désignent les négociations se déroulant au sein d’une entreprise entre l’employeur et les représentants du personnel (appartenant généralement aux organisations syndicales) concernant l’application du droit du travail.
- altermondialistes > Altermondialiste
- Partisan d’une mondialisation plus équitable et plus humaine ne prenant pas seulement en compte les intérêts économiques des firmes et États les plus puissants. Dans leur majorité, les altermondialistes ne s’opposent pas à la dynamique de mondialisation en elle-même, mais à sa version libérale marchande actuelle et mobilisent les opinions publiques sur les nécessités du développement durable, du commerce équitable, de l’allégement de la dette des pays les plus pauvres. La nébuleuse altermondialiste agrège des mouvements locaux, nationaux et transnationaux, et utilise abondamment internet pour ses mobilisations. Les rassemblements réguliers du Forum social mondial, espace d’échange d’expériences, de débat d’idées et de formulation de propositions en sont un exemple parmi d’autres.
- États > État
- L’État est un système politique centralisé (différent du système féodal), différencié (de la société civile, espace public/privé), institutionnalisé (dépersonnalisation de l’institution), territorialisé (un territoire dont les frontières marquent de manière absolue les limites de sa compétence), qui prétend à la souveraineté (détention du pouvoir ultime) et se doit d’assurer la sécurité de sa population. En droit international public, l’État se définit par une population qui vit sur un territoire borné par des frontières sous l’autorité d’un pouvoir politique (État national territorial).
- firmes transnationales > Firme multinationale
- Entreprise ayant réalisé des investissements directs à l’étranger (IDE) lui permettant de posséder des implantations qu’elle contrôle entièrement ou partiellement (des filiales). Les premières datent de la fin du xixe siècle ; elles se sont généralisées au début du xxie siècle. La majorité des IDE se font entre pays industrialisés. Plus que multinationales, ces entreprises sont transnationales et ont tendance, pour les plus importantes, à se transformer en entreprises-réseaux globales.
- lobbies > Lobby
- Groupe de pression ou d’intérêt dont le but est d’influencer les autorités politiques pour qu’elles prennent des décisions dans l’intérêt des membres composant le lobby. Selon les cultures politiques des différents États, les lobbies sont plus ou moins reconnus et acceptés dans le jeu politique, et plus ou moins transparents et licites dans leurs méthodes et actions. La technicité croissante des négociations commerciales et l’imbrication complexe des niveaux et processus de décision les conduisent à se doter de fonds proportionnels aux enjeux qu’ils défendent et à recourir à des experts de haut niveau pour préparer leurs dossiers. Ils jouent un rôle important dans les processus d’élaboration des législations aux États-Unis, dans les institutions de l’Union européenne ou encore à l’OMC.